Game & Watch, l'ancêtre des consoles portables
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Au début des années 1980 Nintendo commercialisa ce qui allait devenir le précurseur des consoles portables avec les jeux de poche dénommés Game & Watch. Personne n'a oublié ces formidables jeux électroniques et la légende risque bien de continuer, Nintendo ayant inclu Mr Game & Watch en tant que personnage jouable dans Super Smash Bros Melee sur GameCube ! Un dossier rétro sur l'un des objets clés du XXème siècle.
Quand l'électronique devient populaire...
Au début des années 1980, alors que les calculatrices de poche commencent à se démocratiser, Nintendo, la petite société spécialisée dans les jeux de carte et qui vient tout juste d'entamer sa reconversion dans les jeux d'arcade, veut mettre un pas dans le monde de l'électronique de poche.
Le projet est simple : utiliser la technologie des calculettes pour y faire tourner des petits jeux. Hiroshi Yamauchi, le président de Nintendo de l'époque, confit le projet à Gunpei Yokoi. C'est ainsi que sont nés les Game & Watch dont la première version fut commercialisée en avril 1980 au Japon.
Présentations des Game & Watch
Les Game & Watch se présentaient sous la forme d'un petit boîtier constitué au centre d'un écran avec des boutons sur le côté ou même une croix multi directionnelles selon les modèles. L'écran utilisé était très basique, il s'agissait juste d'un morceau de plastique posé sur un fond coloré faisant office de décors. A l'intérieur de cet écran était imprimées des cases qui s'allumaient et s'éteignaient selon l'action. Rien de mieux que quelques images pour illustrer le tout. Voici un des premiers et des plus célèbres Game & Watch, Fire. Dans la peau de deux pompiers, vous deviez amortir la chute des gens qui sautaient d'un immeuble en feux. A gauche, le boîtier de la première version de Fire et à droite une animation extraite du jeu en lui-même.
 | |  Game & Watch FIRE © 31.07.1980 |
Une décennie d'évolution
Pendant plus de dix ans, Nintendo a sorti un peu moins d'une quarantaine de Game & Watch. Au fil du temps, les jeux et les modèles se sont perfectionnés. On est alors passé des jeux très simples comme Fire à des jeux double écran et utilisant le fameux D-Pad copyrighté Nintendo.
Ainsi en 1980, année de lancement japonais des Game & Watch, Nintendo aura commercialisé plus de 5 jeux (Ball, Flagman, Vermin, Fire et Judge) construits autour du modèle Silver, c'est à dire avec un boîtier argenté comme celui de Fire présenté ci dessus. En 1981, les modèles Gold de couleur dorée et les modèles Wide avec un écran plus large et un boîtier plus coloré font leurs apparitions. On découvre alors des jeux dans le pure tradition des G&W avec Parachute, une version aérienne de Fire, Octopus où vous deviez dérober un trésor, Chef ou comment faire sauter des crêpes ou encore Turtle Bridge.
 G&W DONKEY KONG © 03.06.1982 |
Mais la révolution arrive en 1982 avec les modèles double écrans. Le Multi Screen de son nom officiel est caractérisé par deux petits écrans, pliables sur eux même afin de faciliter le transport et jouable avec la fameuse croix brevetée Nintendo pour 30 ans jusqu'en 2012. Les premiers jeux sont Donkey Kong et Oil Panic. Les jeux gagnent en profondeur grâce à la possibilité de passer d'un écran à l'autre. Donkey Kong, issu de la version arcade du même nom, remportera un très gros succès pendant de nombreuses années.
En 1983 Nintendo joue la carte de la nouveauté en adaptant certains de ces jeux de poches comme Snoopy Tennis et Donkey Kong Jr dans des modèles Color Screen Tabletop, sorte de mini télé d'une vingtaine centimètre avec un grand écran coloré. En raison de la taille de ce modèle, il ne s'agit plus de jeux portables mais bien de jeux à poser sur une table comme l'indique son nom. De 1983 à 1984, Nintendo mettra au point d'autres modèles étranges comme le Panorama avec un écran en position verticale, le Super Color, le Crystal Screen ou même le Micro VS, comprennant deux manettes reliées à un petit écran afin de jouer à deux.
Après les années 1984, Nintendo arrête de diversifier sa production pour se concentrer uniquement sur le modèle le plus populaire, à savoir le Multi Screen. Les jeux se font cependant très rare dans la mesure où la Famicom (NES), la première console salon de Nintendo, attire toutes les attentions.
Durant ces quelques années une demi-douzaine de jeux sortent quand même pour finir en beauté avec l'ultime Game & Watch, j'ai nommé Zelda, commercialisée en août 1989 et issu du jeu The Legend of Zelda sorti sur NES en 1986 ! Ce dernier G&W sortira juste avant la GameBoy, machine également née de l'imagination de Gunpei Yokoi, véritable console portable avec cartouches interchangeables.
 | | L'ultime Game & Wacth commercialisé par Nintendo ZELDA © 08.1989 |
Mini Classics : les nouveaux G&W

En février 1998, la société Toymax Inc annonce qu'elle a signé un contrat d'exclusivité avec Nintendo afin de ressortir certains vieux jeux Game & Watch dans un nouveau format type porte-clés. Une quinzaine de jeux sont ainsi mis de nouveau sur le marché sous le label "Mini Classic" comme Fire, Donkey Kong Junior, Zelda, Oil Panic et même Tetris, une version totalement inédite non adaptée d'un G&W. Les Mini Classics sont arrivés en juin 2000 en Europe grâce à l'éditeur Take2. Vendus 8 € pour les simples et 12 € pour les modèles doubles écrans, ils sont toujours disponibles dans le commerce et attirent principalement les nostalgiques ainsi que les petits enfants qui découvrent à peine les jeux vidéo !
A noter que 4 jeux GBC et GBA du nom de
Game & Watch Gallery aux Etats-Unis et en Europe et
GameBoy Gallery au Japon et en Australie sont déjà sortis. Ces jeux contiennent chacun 5 mini jeux G&W disponibles en deux versions : originale ou améliorée.
Biographie de Gunpei Yokoi

Gunpei Yokoi est né en 1941 au Japon. Après avoir réalisé de brillantes études, il entra chez Nintendo en 1965 alors que la firme n'était qu'une petite compagnie qui rêvait de s'agrandir. Son premier gros projet pour le compte de Nintendo fut le "Ultra Hand", sorte de bras articulé. Créateur des Game & Watch, de la GameBoy ainsi que du jeu Metroid sur NES, son avenir au sein de Nintendo ne semblait pas menacer. 1995, à cette date Sony et Sega viennent de sortir leur console 32 bits, Playstation, pour l'un et Saturn pour l'autre. Pour faire patienter les joueurs de la Nintendo 64, Gunpei finalise un de ses projets fous : faire une console de jeu dans un casque de "réalité virtuelle". Sorti à la fin 1995, le Virtual Boy, c'est son nom, fut le plus gros échec made in Nintendo. Graphismes en noir et rouges, jeux de mauvaises qualités, casque trop lourd et surtout obligation de le poser sur une table sont les raisons de son échec. En 1996, Gunpei Yokoi quitte Nintendo pour fonder sa propre société, refusant au passage une offre de Sony Computer. Il meurt d'un accident de voiture le 4 octobre 1997, âgé de 56 ans.
Les 39 modèles différents de Game & Watch se sont vendus à plus de 43 millions d'exemplaires à travers le monde ce qui représente le premier très gros succès de la part de Nintendo. Même 12 ans après Nintendo n'a toujours pas perdu son statut de leader dans le domaine des jeux portables et ce n'est pas les chiffres très brillants de la GameBoy Advance qui viendront dire le contraire. Gunpei Yokoi aura su révolutionner la façon de jouer en miniaturisant à l'extrême des jeux comme Donkey Kong qui ne tenaient jusqu'alors que sur une imposante borne d'arcade.
Julien, le 09/06/2002 à 22:13:09
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