Victoire ! Ou quand le blocage dépasse les bloqueurs...
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Avec le retrait du CPE il est intéressant de voir que les grévistes ont considérablement changé de ligne de conduite pour s'adapter face à un monde étudiant de plus en plus hostile aux lavages de cerveaux made in extrême gauche. Petit bilan de cette journée du 13 juin 2006.
Mercredi 13 juin, Montpellier II, amphi Dumontet. Aujourd'hui a lieu une AG un peu particurlière. En effet, ce n'est pas une "nouvelle" AG à proprement parler mais bien la suite de celle de lundi qui a été violemment suspendue comme je vais y revenir un peu plus tard. Dans la salle, seulement 500 étudiants qui ne parlent que d'une chose : l'organisation un peu surprise d'un vote par urnes organisé par l'administration elle même. Dans la salle, l'ambiance est calme, pour ne pas dire morte. Stupéfiés, on écoute des grévistes nous dire que tout est fini, que le blocage ne sert plus rien. Ironnie ? Non, pas du tout, mais terriblement faux-cul. Sentant le vent tourné, les grévistes proposent une solution :
débloquer la fac mais avoir une journée banalisée chaque semaine pour se "réunir". On croit rêver.
C'est avec une telle propositon, refusée au profit d'un blocage total, que l'on prend conscience que ce blocage dépasse entièrement ses commanditaires. Car sur les 500 personnes qui ont pu voter ce blocage ces dernières semaines, seulement 10 à 20% d'entre eux ont réellement des motivations révolutionnaires. Les autres bloquent pour ne pas aller en cours. Il faut dire que le message de ces chers professeurs
syndiqués répétants en boucle que les examens ne porteront que sur les cours assurés n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Et puis ce week-end c'est Pâques et il ne resterait que 4 jours avant les vacances, donc pourquoi reprendre les cours maintenant... Peu avant midi, l'AG se termine (enfin je pense car je suis parti juste après le vote comme à mon habitude) et finalement
l'énorme majorité de 262 personnes votent le boycott du vote par urne (comprendre par là, l'organisation d'un commando "vol des urnes" cf. élection CROUS) et le maintien du blocage jusqu'au mardi suivant.
13h, le vote par urne peut commencer. Vraiment ? Non,
pas vraiment. Car les grévistes, préférant la légitimité d'une assemblée réunissant 4% des étudiants, bloquent l'entrée du bâtiment principal pour dissuader les éventuels bloqueurs.

Peine perdue, le vote a bien lieu et à voir la queue pour rejoindre l'isoloir (plus d'une heure d'attente...) le résultat est finalement prévisible.
Sans surprise, 2155 votants se sont exprimés contre le blocage contre seulement 711 pour son maintien et 81 votes blanc. Tel est le score sans appel de la première, et finalement seule, consultation démocratique organisée légitimement par l'administration après plus de 6 semaines de suspension des cours. Il était temps diront certains, certes, mais finalement pourquoi un tel vote. Retour sur les faits.
Lundi, à l'aube du retrait du CPE, les étudiants sont venus en masse pour assister à une nouvelle AG qui, fort de son succès, doit déménager en cours de route pour sortir du grand amphi et aller dans le parc. Alors que le vote sur blocage doit avoir lieu dans quelques minutes, tout dérape et les cris
"Le vote ! Le vote !" se font de plus en plus entendre. Le bureau, officiellement neutre, officieusement pro-blocage, ne cache pas son énervement et menace de suspendre l'AG. Du coup les grévistes n'hésitent par à crier à leur tour
"Suspension ! Suspension !" sans pourtant recevoir la moindre remarque du président. L'AG continue et je ne peux que me rejouir de voir une pauvre fille d'extrême gauche présenter avec fierté son "forum social ouvert à tous" avec comme invité la
Confédération paysanne (!) et
ATTAC (!!) se faire huer. Car si pendant 6 semaines, les révolutionnaires étaient acclamés et écoutés avec attention, les choses étaient vraiment différentes ce jour là... Alors oui, les cris des anti-bloqueurs ont provoqués la suspension de l'AG et le maintien du blocage de la fac pour deux jours de plus, mais c'est justement cet élément et
la baston générale qui a été évitée de justesse qui a forcé l'administration à reprendre la main sur la crise et à proposer le vote de ce jour. Finalement, quelle ironie de savoir que la fac a été libérée grâce à une pauvre étudiante dreadée, bornée, pro-blocage, anti-capitaliste et alter-mondialiste (oui, la liste est longue...).
Pour terminer, en tant qu'étudiant légèrement borné (oui je le suis moi aussi :p), je suggère que l'administration interdise, ou du moins refuse, l'inscription à tous les étudiants responsables des actions de ces deux derniers mois. Je n'irai pas jusqu'à proposer l'expulsion immédiate et définitive puisque l'année est presque finie, mais j'avoue y avoir pensé un moment... Fort heureusement l'administration n'aura pas à prendre une telle sanction : les étudiants grévistes seront de facto refusés faute d'avoir eu des résultats satisfaisants. Manifester ou étudier, il fallait savoir faire le bon choix à temps ;)
Photo empruntée au forum stop-blocage-um2.com
Tout droit réservé par son auteur.
Julien, le 12/04/2006 à 22:13:50
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